Après avoir scruté les us et coutumes de la bourgeoisie et de la noblesse, deux sociologues ont passé au crible une centaine de gagnants du Loto et de l’Euro Millions, devenus millionnaires en quelques secondes et qui ont du apprendre “à apprivoiser leur richesse subite", explique L’Express.
Dans “Les millionnaires de la chance” (éditions Payot, dans les librairies depuis hier), Michel et Monique Pinçon-Charlot brossent une série de portraits impressionnistes de joueurs qui ont empoché entre un million d’euros (seuil des “grands gagnants” de la Française des Jeux) et 75 millions d’euros, ajoute L’Express, qui publie dans son édition imprimée sortie ce matin de larges extraits de cet ouvrage.
Ils les ont rencontrés lors d’ateliers pédagogiques sur les placements financiers ou dans des groupes de paroles réunissant une fois par mois des gagnants dans les salons de grands hôtels parisiens organisés par la Française des Jeux (FDJ).
Mardi, une dizaine de ces millionnaires et les deux auteurs du livre, ont partagé un déjeuner fin sous les lustres de cristal de l’Hôtel de Poulpry, riche demeure du XVIIIe siècle, à deux pas du Musée d’Orsay à Paris (VIIe).
Ancien docker, ex-contremaître ou ex-mécano, ces “millionnaires de la chance", n’étaient pourtant pas dépaysés dans cet environnement. Ils ont été initiés au confort d’un hôtel de luxe ou à la dégustation d’un repas dans un trois étoiles à l’invitation de la FDJ pour toucher leur chèque.
Lors de cette “heureuse catastrophe", selon la formule des auteurs du livre, que constitue un chèque de quelques millions d’euros, quatre gagnants ont raconté à l’AFP leur apprentissage de cette “richesse qui ouvre la liberté d’utiliser le temps à sa guise".
Jacqueline et Jean-Pierre Becary, la soixantaine épanouie, ont gagné l’équivalent de 2,6 millions d’euros au Loto en 1996, un gain qu’ils n’ont jamais caché à leurs voisins du petit village de Pont-du-Casse, près d’Agen (Lot-et-Garonne). Quelques croisières et quelques travaux d’agrandissement de leur maison plus tard, l’ancienne serveuse et l’ex-chef d’atelier de mécanique de précision, confient : “L’argent contribue au bonheur".
Jean Bernard, 62 ans, vivait à … Abondance (Haute-Savoie) quand il a empoché un chèque équivalent à 2,6 millions d’euros au Loto. Cuisinier à Genève et éleveur de moutons à Abondance, il raconte avoir dû quitter ce village, “où la population m’a rejeté", pour Megève et un chalet de 220 m2. “Je suis paysan de naissance et je connais la valeur de l’argent gagné sou par sou", dit-il avec son accent savoyard prononcé.
“J’ai bien aimé passer quatre jours au Ritz à Paris, un hôtel où tout brillait mais le +bling-bling", ce n’est pas pour moi puisque je n’ai même pas de Rolex", poursuit-il en montrant son poignet.
Mécanicien à Air France, Alain Boinot, 55 ans, (3,5 millions d’euros au Loto en 2005) reconnaît qu’il a eu “quelques difficultés pour apprendre les termes de la finance". Ce francilien jovial au tutoiement facile, entend “rester dans son milieu social” et relève : “Je ne suis pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche et mon problème c’est plutôt de savoir comment dépenser mon argent sans me tromper".
“Le travail me manque", lâche tout à trac ce docker de Fos-sur-Mer, qui ne travaille plus depuis deux ans après avoir gagné 15 millions d’euros le 21 mars 2008 à l’Euro Millions avec sa famille. Dans la famille Vernier (pseudonyme), il représente la troisième génération de docker et il compte bien retrouver ses “copains dockers car cela ne me plairait pas d’être rentier".
“Ces gagnants, résume Monique Pinçon-Charlot, ont su s’approprier leur gain de manière sereine selon leur histoire et leur classe sociale".
Source: L’Express
C’est ce que révèle l’hebdomadaire économique Challenges dans son édition (imprimée) de cette semaine. Le patron de Ladbrokes, Chris Bell, estime par ailleurs que les fans de football miseront environ 750 millions de livres sur la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud, soit 50% de plus que sur la précédente Coupe du Monde.
S’exprimant dans le Financial Times, Bell a dit: “Il est statistiquement prouvé que chaque Coupe du Monde est plus importante que la dernière. Celle-ci sera particulièrement importante puisqu’elle se déroule dans un fuseau horaire convenable – l’Afrique du Sud est une heure après le Royaume-Uni – tous les matchs seront donc diffusés à la télévision." Malgré ses prévisions optimistes, Bell a ajouté que les conditions commerciales en 2010 resteront généralement difficiles suite à une année dure.
Les sénateurs ont adopté mercredi un amendement au projet de loi sur les jeux en ligne (paris hippiques et sportifs, poker) permettant l’utilisation de cartes prépayées pour approvisionner leur compte joueur, rapporte l’AFP.
Ces cartes prépayées, dont le montant ne devrait pas dépasser 100 euros, seront vendues par les buralistes. L’amendement présenté par le président du groupe Union centriste Nicolas About stipule que “l’approvisionnement d’un compte joueur par son titulaire ne peut être réalisé qu’au moyen d’instruments de paiement mis à disposition par un prestataire de services de paiement (…)". “L’utilisation de chèques et de liquide étant interdite, les instruments de paiement sont les cartes pré-payées", a expliqué mercredi à l’AFP le rapporteur du projet de loi, François Trucy (UMP).
Le gouvernement et la commission des finances étaient au départ réservés sur cette mesure, craignant qu’elle ne mette à mal la traçabilité des opérations financières. Ils l’ont finalement acceptée, pour éviter un contentieux avec la Commission européenne qui a fait savoir qu’elle tenait aux cartes prépayées, selon François Trucy. “Il ne faudra pas que les cartes dépassent les 100 euros, sinon il y aurait un risque de blanchiment", a-t-il déclaré en séance. Alain Gournac (UMP), qui avait présenté un amendement similaire, a souligné également en séance que ces cartes “constituent un moyen de lutte contre l’addiction au jeu".
Le Sénat a adopté à son tour mercredi soir, en première lecture le projet de loi, très attendu par les opérateurs, ouvrant à la concurrence les paris sportifs et hippiques et le poker en ligne, indique l’AFP. La majorité UMP et Union Centriste a voté pour (181 voix), la gauche PS, PCF et Verts contre (140).
L’Assemblée nationale a déjà voté en première lecture en octobre 2009 ce texte qu’opérateurs et majorité voudraient boucler avant la coupe du monde de football (11 juin-11 juillet). La compétition devrait être marquée par la prise de millions de paris dans le monde.
Le calendrier est serré car le texte va repartir pour une deuxième lecture de l’Assemblée nationale le 30 mars. Après le vote définitif du Parlement, restera à obtenir le feu vert de l’Union européenne, du conseil d’Etat sur les décrets d’application et l’aval du conseil constitutionnel s’il est saisi.
L’opposition a combattu un texte “dangereux” tentant en vain par des amendements de préserver le monopole de la Française des jeux et du PMU face à quelques “intérêts privés". Le PS a dénoncé une “fiscalité allégée” qui “va diminuer les recettes de l’Etat (-2 milliards deuros) sans assurer de financement pérenne du mouvement sportif".
Ce texte “semble ne constituer que le moyen pour quelques groupes financiers de réaliser de juteux bénéfices sans supporter trop de contraintes", a accusé Thierry Foucaud (PCF). Pour Eric Woerth (Budget) il s’agit au contraire “de réguler une offre pléthorique illégale” et de répondre à la demande des opérateurs français de lutter contre les jeux d’argent illicites proposés par des sites internet étrangers. “Chaque jour, 25.000 sites proposent des jeux dans tous les domaines: 5% de Français jouent sur internet et le montant de leurs mises oscillent entre 3 et 4 milliards” a-t-il expliqué aux sénateurs.
Le projet de loi oblige les futurs opérateurs à demander une licence d’exploitation pour la France même s’ils détiennent déjà une licence dans un autre des 27 Etats membres de l’UE. Il met en place une autorité de régulation (Arjel) qui délivrera ces licences pour trois catégories de jeux: paris hippiques et sportifs, poker. Actuellement, seuls la Française des jeux (FDJ) et le PMU sont autorisés à proposer des paris sportifs ou hippiques sur internet.
Le projet renforce le contrôle et la sanctions des sites illégaux, ainsi l’Arjel pourra saisir le TGI pour bloquer un site. Il aligne la fiscalité des jeux en ligne et celle des jeux en “dur” (casinos, Française des jeux et PMU), ce qui reviendra à baisser la fiscalité actuelle sur les jeux en “dur". Le gouvernement prévoit le maintien des recettes fiscales des jeux (5 mds d’euros en 2009).
Les sénateurs n’ont pas modifié l’économie du texte mais ils ont renforcé l’indépendance de l’Arjel où les opérateurs ne seront plus représentés, et créé un Comité consultatif des jeux sous l’autorité du Premier ministre avec un observatoire des jeux. Ils ont permis l’utilisation de cartes prépayées par les internautes pour approvisionner leur compte joueur.
Selon Francis Merlin, consultant en marketing et communication, le chiffre d’affaires du marché français des paris sportifs pourrait s’élever à 800 millions d’euros dès 2010 et à 1,4 milliard d’euros en 2011. 703 millions d’euros de paris hippiques et sportifs en ligne ont été enregistrés en 2009 en France (660 pour le PMU et 43 pour la Française des Jeux). En 2009, les dépenses des Français en jeux d’argent (PMU, FDJ, casinos) ont atteint 21,6 milliards d’euros.
Dans une autre dépêche, l’AFP revient sur “les dispositions du projet de loi sur les jeux en ligne":
Voici les principales dispositions du projet de loi sur l’ouverture des jeux en ligne à la concurrence après son vote mercredi soir en première lecture par le Sénat:
Jeux concernés:
- paris hippiques: mutuels (comme le PMU) et non à cote (bookmakers)
- paris sportifs: paris à cote (comme la Française des Jeux) et en direct sur des épreuves réelles validées par les fédérations
- poker
- paris en “Live betting” (paris pendant le déroulement de l’événement)
Jeux exclus:
- Machines à sous
- jeux de casinos sauf jeux de cercles (poker)
- paris en “spread betting” (pari sur un événement sans connaître à l’avance le montant de ses pertes)
- paris en “betting exchange” (échanges de paris)
Outils:
- Création d’une Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) avec un collège de 7 membres. Trois membres dont le président nommés par décret, deux par le président de l’Assemblée nationale et deux par le président du Sénat. Mandat de six ans non révocable
- Création d’un Comité consultatif des jeux avec notamment un observatoire des jeux
Blocage des sites d’opérateurs illégaux: - Décision prise par un juge et non l’Arjel
Licences:
- Cinq ans renouvelables.
- Cahier des charges avec clauses générales et clauses spécifiques en fonction du jeu
Obligations des opérateurs:
- Ne pas être domicilié dans un paradis fiscal
- Séparation comptable pour les activités en France
- Domiciliation bancaire des joueurs en France
- Interdiction “d’anonymiser” les moyens de paiement
- Nécessité d’un correspondant permanent en France
- Reconnaissance d’un droit de propriété payant pour les organisateurs d’évènements faisant l’objet de paris. Ils peuvent déléguer ce droit aux fédérations.
- Contrôle de l’identité du joueur avec la création d’un code d’accès des joueurs, pour limiter l’inscription de robots informatiques. Il s’agit d’interdire aux “hackers” (pirates informatiques) de jouer par le biais de machines.
Interdictions et sanctions:
- Interdiction de l’alimentation des comptes des joueurs vers les sites non agréés
- Trois ans de prison et 45.000 euros d’amende (sept ans et 100.000 euros en bande organisée) pour organisation illégale de jeux
Encadrement de l’offre:
- Plafonnement du taux de retour aux joueurs dans une fourchette de 80% à 85%
- Une partie des recettes affectée pour la lutte contre l’addiction aux jeux (10 millions d’euros)
- 1,3 % des recettes sur paris sportifs affecté au Centre national pour le développement du sport (CNDS)
- 15% de la fiscalité poker versés au Centre des monuments nationaux
Fiscalité:
- 7,5% sur les paris sportifs et hippiques (contre 9,5% actuellement pour le hippique)
- 2% sur le poker avec plafond de 1 euro par donne
Publicité:
- Autorisée pour les opérateurs agréés, assortie d’un message de mise en garde
- Interdite dans les publications pour les mineurs ainsi qu’à la la TV et à la radio durant les périodes où sont programmées des émissions pour mineurs. Interdite au cinéma lors de fils destinés aux enfants et adolescents et sur le site internet destiné à ce même
- Interdite pour les sites non agréés
- Amende prévue: 100.000 euros
C’est le record absolu pour un domaine en “.org": poker.org a été acheté 1 million de dollars par PokerCompany.com, groupe d’affiliation, par l’intermédiaire de Sedo. Assisterait-on à une nouvelle surenchère pour les noms de domaine du poker?
Le précédent record pour un nom de domaine en .org s’établissait à 198.000 dollars, pour le nom engineering.org (bien plus que pour sexe.org qui été vendu 151.400 dollars).
La plus grosse somme versée pour un nom de domaine reste sex.com pour 14 millions de dollars.
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